Le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire

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Qui n’a pas jeté ses choux de Bruxelles à la tête de son frère ou sa sœur ou jeté quelques choux sous la table pour finir par se faire gronder avec la fameuse phrase « Finis ton assiette ! Pense à tous ces enfants qui n’ont pas de quoi manger ».

Dès notre enfance, nous avons appris à nous sentir coupables de gaspiller de la nourriture, alors que d’autres en manquent. Et probablement est-ce à raison puisque la quantité de déchets alimentaires produite chaque année mondialement est largement suffisante pour nourrir les près d’un milliard de personnes affamées sur la Terre.

Mais cela signifie-t-il que nous devrions nous gaver même quand nous avons assez mangé? Non, cela n’aide personne. Alors, que doit faire un enfant devenu adulte qui déteste les choux de Bruxelles?

Les experts ont tendance à faire la différence entre perte alimentaire et gaspillage alimentaire. La perte de nourriture survient lorsque la nourriture est jetée ou que sa qualité diminue au cours de la transformation (c’est-à-dire avant qu’elle n’atteigne les rayons des supermarchés). C’est surtout un problème dans les pays dits en voie de développement. Le gaspillage alimentaire, en revanche, tend à être un problème majeur dans les pays dits «développés» tels que la Suisse. Cela renvoi à des situations dans lesquelles les produits alimentaires se retrouvent au bout de la chaîne d’approvisionnement alimentaire mais ne sont toujours pas consommés. Actuellement, un tiers des aliments produits pour la consommation humaine est perdu ou gaspillé dans le monde. Cela représente environ 1,3 milliard de tonnes de produits alimentaires dignes de ce nom chaque année, et moins du quart d’entre elles pourraient nourrir les populations affamées du monde entier.

En Suisse comme en Europe, un tiers de la production d’aliments est perdue. Cela représente 190 kilos par an par habitant dans notre pays. Contrairement à une idée répandue, les commerces n’apparaissent pas comme les plus gros gaspilleurs (9% du total).
En revanche, les ménages en sont en grande partie responsables et représentent 37% du total. L’agriculture y contribue pour 27% (pertes dues à la météo ou aux insectes, mais aussi au calibrage des fruits et légumes) et la transformation pour 18 %.[1]

Traduits en émissions de CO2, les déchets alimentaires génèrent chaque année l’équivalent des rejets de 770 000 voitures, soit un cinquième du parc automobile suisse.[2]

Il est temps de passer à la bonne nouvelle: nous pouvons, en tant qu’individus, mettre en œuvre de petits changements qui font toute la différence dans la quantité de nourriture que nous jetons chaque année.

Pour vous aider, nous vous avons concocté un « Plan d’action » dans notre prochain article.

[1]Site de la Confédération : https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/politik/food-waste.html

[2]Site du WWF : https://www.wwf.ch/fr/nos-objectifs/gaspillage-alimentaire

 

Kimberley Mees, association Ecoparc